Portrait

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Gramoun Moutou : l’histoire d’une vie.

M.Paquiry Adrien, plus connu sous le nom de gramoun Moutou, est un personnage emblématique de la commune. Né en 1922, il est la mémoire vivante d’une Ville avec laquelle il a traversé presqu’un siècle. Rencontre.
Quel âge avez-vous M.PAQUIRY ?
J’ai 97 ans.
Êtes-vous marié et avez-vous des enfants ?
J’ai été marié il y a très longtemps et j’ai eu avec mon épouse, qui est décédée jeune, 16 enfants. Quelques temps après, j’ai vécu avec une autre femme, disparue elle aussi, avec laquelle nous avons eu 4 enfants. De cette grande fratrie sont nés mes 70 petits-enfants, 66 arrière-petits-enfants et 2 arrière-arrière-petits enfants !
Quel métier exerciez-vous autrefois ?
J’ai commencé à travailler à l’âge de 7 ans ; j’étais travailleur agricole : je cultivais la canne, le maïs, la manioc… Ma première compagne gérait une cantine (une boutique, ndlr) à la Convenance et je lui donnais aussi un coup de main. On y vendait de l’alcool, du pain-sirop… il y avait un peu de tout !
Vous n’avez donc pas fréquenté l’école…
Non, mais j’aurais bien aimé car j’ai une bonne tête ! Pour me marier, j’ai appris par cœur mes leçons de catéchisme avec l’aide de ma marraine car je ne savais ni lire ni écrire. Et je m’en suis bien sorti !
Votre vie était-elle difficile à cette époque ?
Je n’avais pas grand-chose et je ne connaissais pas les dimanches, je travaillais beaucoup et mangeais des patates et du manioc… mais j’étais heureux !
Et que pensez-vous de la société actuelle ?
On entend tellement de choses aujourd’hui… Les vols, la délinquance… Avant, on laissait la porte ouverte et on partait ; maintenant, ce n’est plus possible, et c’est malheureux. Lorsque j’étais plus jeune, je ne supportais pas les incivilités et l’impolitesse ! Je me souviens avoir donné un coup de pied à un de mes camarades qui avait sifflé une femme qui passait !
Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux générations actuelles ?
Auparavant, les jeunes faisaient n’importe quoi pour gagner quelques sous ! Du travail, il y en a ! Il suffit d’être motivé et se donner les moyens d’atteindre ses objectifs…
Remerciements à M. NASSIBOU de l’association Rasin et bazalt, militant culturel pour le patrimoine.